Jacques Louis Auguste PAFFE,

bonnetier sur le pont au change,

guillotiné le 12 thermidor an II.


Jacques Louis Auguste PAFFE est né en 1753 de Louis PAFFE et Marie Madeleine BELLOT.

Il est marchand bonnetier sur le pont au change à la suite de son père. Un papier à en tête prouve que le magasin à l'enseigne du grand Louis était situé à la poine du pont au change dans la maison au monument. Le Pont au change étant parcouru par deux rues en angle, il faut croire que la dite maison se trouvait dans la partie en coin. Son père avait d'ailleurs racheté un sixième de la dite maison devant Felize le 7/03/1771 pour 150 livres de rente. Il reprend le commerce le 16/10/1778 pour 28254 livres devant Gaillard notaire.

Vers 1786, les maisons du pont au change sont détruites sous l'ordre du roi. Notre bonnetier est dédommagé à hauteur de 6000 livres par acte du 12/02/1788. Il déménage donc dans la rue de la Joaillerie voisine,  actuellement sur la place du Chatelet, où il a acheté une autre maison pour 14 000 livres .
 

Il a épousé Catherine Françoise BONGRAIN dont il semble avoir eu quatre enfants.

Il a été capitaine de la compagnie des bonnetiers comme l'atteste la présence de registre de gestion dans son inventaire.

Il vit ainsi jusqu'à la révolution. C'est là que comme pour tous les français, sa vie prend un tour plus tragique.

Sans que je sois parvenu à identifier comment, il se trouve impliqué dans les événements. Peut-être est-ce lui qui signe PAFFE un document conservé à la bibliothèque nationale. Toujours est-il qu'il est élu de la Commune comme notable. Quel est son engagement ? Je ne sais pas. Mais lors des événements du 9 thermidor an II, ( 27/7/1794) à la chute de Robespierre, il fait partie des élus de la Commune condamnés comme traitre à la Nation par décret de la convention. Il est arrêté le 11 thermidor. Jugé sommairement par le tribunal révolutionnaire, source dans la série W. Et guillotiné place de la Concorde le 12 Thermidor.
Le même jour, les commissaires de la section des Arcis viennent posé les scellés ( source F7/4774/61). Ils trouvent là, la veuve, et la soeur de Jacques Louis qui logent au troisième étage. Ils rassemblent les effets en boutique dans une chambre au deuxième étage et les mettent sous scellés. Il laisse le nécessaire d'usage courant à la disposition de la veuve, linge et mobilier. Parmi les papiers présents on trouve notamment une lette de Chevregny de son cousin germain réclamant les arriérés d'une rente.
Comme condamné à mort, ses biens sont acquis à la nation. Cinq mois plus tard, le 7 nivose an 3 ( 27/12/1794), à 8 heures du matin, le commissaire du bureau du domaine national Joseph Louis Francey vient faire l'inventaire des documents sous scellés. 27 regiostres liés au commerce sont remis  le 5 pluviose à deux bonnetiers Jean Jacques MOULIN, rue des Vieux Augustins et Jean André MOULIN, rue Denis, pour administrer la boutique en l'attente. Les autres papiers sont nombreux 22 item à l'inventaire. Ils concernent l'ensemble de la famille depuis des actes concernant le grand père Jean Antoine, jusqu'aux lettres de maîtrise.

Ces documents ne sont plus aux archives nationales, il semble qu'ils aient été remis à la famille peu après, le 17 pluviose an 3, ( 5/02/1795) trois mois plus tard.

Devant la rapidité de ses événements, on ne peut que s'interroger sur la nature politique de ses décisions. Que penser de ces hommes, que pour sortir de la Terreur, et quel régime plus terrible que celui-là, on a sacrifié pour retrouver le calme ?