L'affaire de la succession de Marie Sauvage


Au décès de son premier mari Claude de sainte Marie le premier mai 1609, Marie Sauvage se trouve probablement ans l'obligation de se remarier rapidement pour assurer la pérennité de l'entreprise de couvreur de maison de son mari. Elle doit aussi assurer la subsistance de ses trois enfants Charles, Pierre et Madeleine. Après un inventaire après décès le premier octobre 1609 dont la minute chez Choguillot est perdue, elle se remarie avec un autre couvreur de maison, Nicolas Carnot.

Lorsqu'elle décède le 6 juin 1637, seul Pierre devenu mercier rue Montmartre est encore vivant. Charles couvreur de toit est décédé laissant Anne Belin pour veuve avec trois enfants Nicolas, Madeleine et Anne. Madeleine et son mari Denis Raimbert maitre menuisier sont aussi décédé, laissant quatre enfants Denis, Nicolas, Marie. Elle n'a pas de descendants du second lit.

L'inventaire de la rue maison rue de Bethizy est effectué par Comtesse à partir du 9 juin 1637.MC/ET/LIV/306.
Tous les comptes faits, les héritiers du premier lit restent redevables à leur beau-père de deux mille six soixante quatre livres.
Une transaction est effectué en ce sens le 6 mai 1638 et quittance et indemnité en est tirée le 21 juin 1638.
Suite à ceci deux ans plus tard Nicolas Carnot se remarie avec Marie Rimbert la propre petite fille de sa femme.

C'est à partir de début 1642 que les choses se gatent dans la famille. Les héritiers soupçonne leur beau père d'avoir diverti frauduleusement certains éléments de la succession. Il s'agit entre autre d'une obligation du sieur Dubuisson au dit Carnot et sa femme du premier décembre 1637, d'une autre obligation de Pierre de Sainte Marie à un prête nom de son beau père, Jean Gardien de 1631. Mais aussi de matériel de construction et plus important encore de trois places à construire rue de Bourbon, rue de Beaune et de Verneuil sur l'emplacement du jardin de l'hotel de la reine Margot et des maisons construites sur ces terrains. Nicolas carnot les a acheté via d'autres prête noms Michel Delaunay maitre maçon et sa femme Marie Landeau. Il a financé les maisons en vendant 5000 mille livres une maison de famille rue Mouffetard.

Le conflit bat son plein. Le 13 août 1642 Nicolas Carnot entame une requête en faux contre son contrat de mariage et la quittance de 1638. Pierre de sainte Marie est emprisonné.
Le Prevot de Paris rend sa sentence le 31 décembre 1642.
 

Nicolas Carnot interjette appel devant le Parlement. L'affaire est définitivement close le 2 juillet 1643 par arrêt du Parlement. Nicolas Carnot est reconnu coupable et condamné à dédommager ses beaux-enfants. Les parties sont remis en l'état où ils étaient avant la transaction du 6 mai 1638 et Nicolas Carnot est condamner à verser cinq mil deux cent livres aux héritiers de sa première femme, héritage dont est exclue Marie Rimbert sa deuxième femme. Comme amende, il doit verser deux cent livres moitié à l'hôtel Dieu, moitié aux religieux de la merci. Il garde les propriétés du Pré aux Clercs.

La famille finira par se réconcilier : la petite fille de Pierre de sainte-Marie Jeanne Françoise de Fontaine Pean se mariera devant son cousin Jean Carnot notaire rue Neuve saint Lambert en 1695. Il faut dire que malgré les inscriptions en faux sur son contrat de mariage le couple Nicolas carnot Marie Rimbert eu trois fils Nicolas, procureur, Jean, notaire, et Pierre qui entra dans la carrière des armes. De bourgeoisie de maîtres artisans, la famille entrait ainsi dans la noblesse de robe...
 
 
Actes dates Références
obligation de Pierre de sainte Marie à Jean Gardien 1631
Obligation Dubuisson aux epoux Carnot 1/12/1636
Transaction 6/05/1638
Quittance et indemnité 21/06/1638
Contrat de mariage 18/03/1640 MC/ET/LIV/
Requisition 8/2/1642
Requete en faux  13/08/1642
Requete Carnot 13/12/1642
Sentence du prevot de Paris 31/12/1643
Premier arrêt en parlement 19/05/1643
Arrêt en parlement 2/07/1643 X