La maison de la rue des fossés


Jacques de la Noue reçoit a priori en 1673 en don de Jean Marcel Gadilou une maison sise rue des fossés près la porte Montmartre. En  janvier 1669, Jean Marcel Gadilou et sa femme sont témoins du contrat de mariage de Jacques de la Noüe. Je n'ai pas encore pu identifier le lien qui les conduit à cette transaction.

J'en posséde deux descriptions présentables. La première est tirée de l'acte d'achat au Gadilou en 1673. L'autre provient de l'acte de vente de la succession de jacques de la Noüe en 1699.

" une maison size a Paris rue des fossés d'entre les portes Montmartre et Richelieu consistant en un grand corps de Logis sur la rue apliqué a deux boutiques, une allée au milieu, deux salles basses ou arrières boutiques, quatre étages, l'un sur l'autre de quatre chambre chacun de plainpied et un cinquième étage lambrissé grenier au dessus couvert de tuille montée dans oeuvre pour monter au dit lieux, une cour au derrière de laquelle est un grand angard de charpente, manière d'hatilier? couvert de tuile ainsi que la dite maison se poursuit et comporte et estend de toute part de fond en comble tenant d'une part aux héritiers de Monsieur Meliand con(sell)er aboutissant par derrièe sur la rue Saint Marc ou il y a une porte pour entrer et sortir et pardevant sur la rue des fossés. "
 

La rue des fossés Montmartre est généralement identifiée comme la rue d'Aboukir. Mais le texte de la description la place près de la rue saint-Marc. Celà conduit à placer la maison rue neuve des Fossés Montmartre, l'actuelle rue Feydeau, tracée en 1650 sur un terrain de la famille Feydeau, ainsi dénommée en 1675. Il ne s'agit donc pas des portes de l'enceinte de Charles V, mais de celle de Louis XIII. La porte Richelieu, qui semble ne pas avoir existé sur la première enceinte devrait être située près du croisement de la rue de Richelieu et de la rue Feydeau, près du 83, rue de Richelieu. La porte Montmartre sur la rue Montmartre.

La place exacte de la maison dans la rue Feydeau n'est pas encore identifiée. Il faut noter qu'aujourd'hui encore, les maisons de cette rue sont à quatre étages, plus un cinquième lambrissé. La consultation du terrier du roi ne donne pas de de la Noüe ni de Josse, en revanche les maisons aux actuels numéros 8, 10, 12, 14, et 16 sont décrites avec deux boutiques, les autres ayant une porte cochère. Pratiquement toutes les propriétés sont traversantes. En ce qui concerne les voisins, on peut rapprocher les Melian conseiller lus dans l'acte de vente de 1699 aux Melien du numéro 10 trouvé dans le terrier du roi. Celà placerait la maison au numéros 8 ou 12.

Après l'achat en viager de 1673, la maison constitue une partie de la dot au mariage de François de la Noüe. Mais son père Jacques meurt quelques jours plus tard. Et les créanciers demandent que la maison soit vendue avec les propriétés de Jossigny. Elle sort don de la famille, le 9 mars 1699.

L'histoire de la maison semble rythmée par les actes suivants, source  :

Un élément de plus, la maison était dans le fief et seigneurerie de la grange batelière. L'on devrait trouver des documents dans le fonds de l'archevéché S1197 à 1204 ( Fiefs de la Grange Batelière et Roule) ou S1446 à 1459 ( Ensaisinnements). Mais, des contacts tendent à faire penser que les documents ne sont pas communiqués du fait de leur état.

Je pense que les Prou sont aussi propiétaires dans la rue. Ils ne sont pas cités au terrier du roi.
Il y a aussi une dame De Lestre propriétaire dans cette rue.

Paris, novembre 2002